Communiqué de presse : 10.000€ pour des t-shirts de sport
10.000 € pour des t-shirts respirants : « sport pour tou·tes » ou opération de communication de la commune d’Auderghem ?
Dans le cadre de son budget dédié au sport, la commune d’Auderghem a acheté des t-shirts sportifs pour un montant de près de 10.000 € TVAC, sous la dénomination « Kits Sports ». Lors du conseil communal du 28 mai 2026, Noémie Dekoninck et Élise Willame, conseillères Ecolo-Groen, ont interpellé la majorité sur cette dépense : à quel besoin précis répond cet achat ? Qui va recevoir ces t-shirts ? Selon quels critères ? Et surtout : est-ce vraiment la meilleure manière d’utiliser un budget destiné à promouvoir l’accès au sport pour tou·tes ? Pour Ecolo-Groen, la réponse de l’Echevine des Sports, Éloïse Defosset (Défi) ne convainc pas. Elle laisse plusieurs problèmes planer : une présentation trompeuse, un choix budgétaire discutable et une distribution sans critères clairs.
Un kit sport qui cache une distribution de t-shirts
L’Echevine des Sports justifie cette dépense en expliquant qu’« un t-shirt respirant, conçu pour évacuer la transpiration, n’est pas un luxe ni un gadget. Il s’agit d’un équipement sportif de base. » Certes, disposer d’un équipement sportif adapté est utile. Mais faire d’un t-shirt un levier majeur d’accès au sport, c’est pour Ecolo-Groen, passer à côté des vrais freins financiers, matériels et sociaux : le coût de l’abonnement à un club, la possibilité de disposer des équipements nécessaires, l’accès aux infrastructures (souvent saturées), le besoin d’encadrement pour pratiquer un sport en toute sécurité, le manque d’offre disponible, la peur du jugement, etc.
De plus, parler de « Kit Sports », notamment sur les réseaux sociaux donne l’impression d’un dispositif complet de soutien à la pratique sportive alors que dans les faits, il s’agit juste d’une distribution de t-shirts.
10.000 € qui auraient pu avoir un impact plus direct
L’Echevine minimise la dépense en rappelant que 10.000 € représentent 0,1 % du budget extraordinaire communal. Pour Ecolo-Groen, une dépense publique ne doit pas être jugée uniquement en fonction de son poids dans un budget global, mais en fonction de son utilité et de son impact réel. A tire comparatif, 10.000 euros c’est le budget total de la commune en matière de santé publique.
Avec ce montant, la commune aurait pu renforcer des actions plus structurantes : aider des familles moins aisées à payer des inscriptions sportives, soutenir les clubs accueillant des publics précarisés, financer du matériel mutualisé utile aux clubs, écoles et associations, etc.
Une distribution sans critères clairs
Enfin, l’Echevine des Sports (Défi) indique que « la méthode de distribution sera basée sur le civisme et la confiance. » Les t-shirts seront notamment offerts comme lots lors d’animations familiales et sportives organisées sur le territoire de la commune (par exemple aux Châteaux en Folie). Les clubs sportifs et le CPAS pourront aussi en avoir et un appel sera lancé à tous les Auderghemois sur les canaux de communication de la commune.
Cette réponse est vague. Elle ne permet pas de savoir qui bénéficiera réellement de ces t-shirts, ni sur quelle base. Les familles précarisées seront-elles prioritaires ? Comment les clubs sélectionneront-ils les membres concernés ? Et comment s’assurer que le t-shirt offert en lot lors d’un évènement aura bien la bonne taille pour la personne qui le recevra, en présupposant que cette personne en a besoin, qu’elle n’en a pas déjà une série dans sa garde-robe ?
L’Echevine évoque une approche sans critères « complexes ou stigmatisants », hormis le fait d’être Auderghemois·es pour promouvoir le sport pour tou·tes mais qui sont les Auderghemois·es qui ont besoin d’un t-shirt respirant pour se mettre au sport ? Refuser des critères stigmatisants ne signifie pas renoncer à toute règle claire. Quand de l’argent public est utilisé, il faut des critères transparents, équitables et contrôlables.
Sur ses réseaux sociaux, Défi Auderghem met en avant le message selon lequel « aucun enfant ne devrait renoncer au sport pour une question de moyens », laissant entendre que les 1 500 kits sportifs seront destinés aux enfants. Or, dans les faits, seuls 500 kits (et donc 500 t-shirts) leur sont effectivement réservés. Cette présentation entretient une confusion et manque, une fois encore, de transparence.
Le sport pour tou·tes mérite mieux qu’un t-shirt
Pour Ecolo-Groen, l’accès au sport est un enjeu essentiel de santé, d’inclusion et d’égalité, qui exige une utilisation optimale de tout le budget disponible. Pas une distribution arbitraire de t-shirts lors d’évènements festifs. L’achat étant fait, le groupe demande à la majorité de publier des critères clairs de distribution, d’identifier les publics prioritaires, d’associer réellement les clubs, écoles, associations dans la réflexion, et d’évaluer l’impact de cette dépense.
« Le sport pour tou·tes mérite mieux qu’un slogan sur un t-shirt. Il mérite des choix budgétaires ciblés, transparents et réellement utiles », conclut Noémie Dekoninck.
Vidéo explicative : https://www.facebook.com/reel/