Communiqué de presse : Taxe sur les fast-food à Auderghem : effet d’annonce ou véritable levier sur la santé des jeunes ?
La commune d’Auderghem a adopté une taxe visant certains établissements de restauration rapide. Présentée comme un levier pour améliorer la santé des jeunes, cette mesure soulève plusieurs questions quant à son efficacité réelle. Lors du dernier conseil communal, Ecolo Groen a interpellé la Bourgmestre afin de clarifier l’utilisation des recettes générées et les actions concrètes prévues pour promouvoir une alimentation saine auprès des jeunes.
Une taxe très ciblée aux effets limités
Le règlement communal prévoit une taxe de 10 000 € à l’ouverture et 12 000 € par an pour certaines enseignes de restauration rapide. Ces montants sont doublés à proximité des écoles. Cette taxe ne concerne que les chaînes, les établissements des grandes enseignes disposant d’une assise financière suffisante pour en absorber le coût, quitte à le répercuter sur les prix de vente.
Dès lors, l’objectif ne semble pas être de diminuer le nombre d’établissements vendant de la nourriture peu saine aux abords des écoles mais d’assurer des rentrées financières stables pour la commune. En pratique, quatre établissements sont concernés, et cette taxe rapportera environ 100 000€ par an à la commune.
Quelles actions concrètes pour une alimentation saine à Auderghem ?
Ecolo-Groen se réjouit que la commune s’attaque à la question de la malbouffe. Le groupe a dès lors interpellé la majorité communale (Défi-MR), lors du dernier conseil communal, pour connaître les actions qui seront réellement mises en oeuvre avec cette nouvelle rentrée financière pour promouvoir une alimentation saine et durable à Auderghem.
La réponse interroge : la majorité prévoit juste de consacrer 10.000€/an à la santé publique, notamment pour certaines actions en lien avec l’alimentation, comme des conférences. Ce montant est inchangé par rapport à l’année précédant l’introduction de la taxe. Concrètement, ni ce budget, ni les investissements dans les écoles n’ont été revus à la hausse suite à l’instauration de la taxe sur la malbouffe. Aucune nouvelle politique n’est prévue pour promouvoir une alimentation saine et durable, en particulier auprès des jeunes. Les recettes générées par cette taxe ne sont donc pas réinvesties dans la lutte contre la malbouffe. Elles servent juste à renflouer les caisses communales.
Pour Ecolo-Groen, les recettes issues de cette taxe doivent servir à mener une politique de santé publique volontariste, qui s’attaque réellement aux causes profondes du problème de la malbouffe. Les jeunes méritent des actions concrètes, pas du marketing politique.
Dès lors, Ecolo-Groen Auderghem propose d’affecter les revenus de la taxe à des mesures concrètes, telles que :
- étendre la distribution de soupe gratuite à toutes les écoles primaires (aujourd’hui limitée aux maternelles) ;
- améliorer la qualité des repas scolaires, sans alourdir la facture pour les parents ;
- soutenir la participation des jeunes à des ateliers de cuisine ;
- renforcer les initiatives Good Food : promotion du label, mise en valeur des établissements engagés, etc.
L’alimentation des jeunes est un enjeu central pour leur santé et leur bien-être. Elle nécessite des politiques publiques ambitieuses, cohérentes et financées à hauteur des objectifs. Pour Ecolo-Groen, la taxe sur les fast-food est un bon point de départ. Mais sans investissements ciblés et sans actions concrètes, elle ne constitue pas un levier pour la santé publique. Elle n’aura aucun impact sur la santé des jeunes. C’est juste un effet d’annonce.